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Côte d'Ivoire

Appel urgent: Côte d’Ivoire : prévenir le pire!

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Téléchargez les cartes à envoyer! (PDF, 43,9 Ko)

Téléchargez le tract explicatif de la campagne "Côte d'Ivoire : prévenir le pire" (PDF, 46,9 Ko)

Documents:

  • Document: La côte d'Ivoire, une poudrière identitaire!
    Film documentaire élaboré par l'association belge "Prévention génocides". Une analyse pertinente sur l'origine et l'impact du concept d'ivoirité. L'auteur témoigne des rafles ethniques, des assassinats, des tortures et des viols commis contre la population dioula. Cela en toute impunité.
    A noter que l'on trouve également sur le site internet une abondante revue de presse sur l'actualité de la Côte d'Ivoire.



Appel urgent "Côte d'Ivoire : prévenir le pire"


Le Conseil d'administration de Survie, réuni le 30 novembre 2002, a estimé que toutes les conditions étaient réunies pour un bain de sang en Côte d'Ivoire en cas de relance généralisée des hostilités, elle-même assez probable dans des délais peut-être très courts.

Forte probabilité ne dit pas certitude. Mais, profondément marqués par le génocide de 1994 au Rwanda, il nous a semblé que nous ne pouvions pas ne pas faire tout le possible en matière de prévention de crimes contre l'humanité, voire davantage.

Il n'est pas sûr que l'on puisse convaincre les extrémistes d'épargner aux Ivoiriens ce bain de sang. Mais l'on peut chercher par tous moyens à convaincre une partie croissante de la société ivoirienne de ne pas se laisser instrumentaliser en un duel mortifère. L'on peut aussi inviter les instances étrangères concernées (principalement l'ONU, les pays ouest-africains et la France) à accentuer leur pression contre ces extrémistes. Là encore, la référence rwandaise montre qu'à l'époque de nombreux moyens de dissuasion n'ont pas été utilisés, faute de volonté politique. Nous pouvons stimuler cette volonté, principalement celle de la France, qui dispose des moyens de pression les plus immédiats, vis-à-vis des deux camps.

L'appel ci-joint que nous vous demandons de signer au plus tôt s'inscrit donc dans une stratégie de prévention multiforme : montrer à ceux qui ont des moyens de pression sur les extrémistes que la société civile et l'opinion se mobilisent ; montrer à ces extrémistes que leur jeu est largement éventé, et qu'ils bénéficieront difficilement d'une impunité ; soutenir les forces qui, en Côte d'Ivoire, ont choisi de propager le refus de l'enrôlement guerrier et de l'ethnisme ; essayer de trouver de nouveaux porte-parole ivoiriens à cet effet, de toutes les régions du pays.

Les nouveaux signataires qui nous répondront par mail seront informés (et associés dans la mesure où ils le souhaitent) des démarches qui seront entreprises par la suite sur la base d'un collectif des associations signataires.

Téléchargez (en RTF)!!

 

 

 

 

Appel Urgent

Côte d'Ivoire : prévenir le pire


En Côte d'Ivoire, dans un contexte d'instrumentalisation de la xénophobie (" l'ivoirité "), sur fond de crise économique provoquée par un pillage multiforme (interne et externe), une rébellion armée a précipité la radicalisation des stratégies politiques. Cette radicalisation mise sur des clivages Nord-Sud et/ou Islam-Christianisme, qu'elle provoque puis avive. Les Ivoiriens sont sommés de s'enrôler dans un camp ethnique ou religieux. Les "tièdes" sont soupçonnés de trahison. À Abidjan, les faucons du régime, apparemment en position dominante, fourbissent une arme aux effets incalculables, "expérimentée" à grande échelle en 1994 au Rwanda : cultiver l'hystérie par les médias de la haine, enrôler la jeunesse dans des mouvements susceptibles de se muer en milices d'"autodéfense", avec l'appoint d'"escadrons de la mort". Dans le Nord, des informations crédibles ont fait état d'exécutions extrajudiciaires de fonctionnaires "loyalistes". Les extrémistes de chaque faction rêvent d'imposer militairement leur suprématie, rompant une trêve fragile dès lors que faiblirait la volonté d'interposition de la communauté internationale - représentée principalement, de facto, par les pays ouest-africains et la France.

Le monde se souvient, ou devrait davantage se souvenir, de l'horreur de 1994 au Rwanda, quand un mélange de haine, de peur et de contrainte a enrôlé plus d'un million de personnes dans le massacre d'environ 800 000 autres, leurs voisins. Il n'est pas possible que l'humanité accepte ce risque pour la Côte d'Ivoire, même à une échelle moindre. Un embrasement de la guerre civile ferait courir le risque d'innombrables pogromes, et d'un engrenage mimétique des atrocités. Les organisations et les personnalités soussignées décident de coaliser leurs volontés pour tenter d'épargner le pire. Elles demandent que le Conseil de sécurité des Nations unies soit saisi au plus tôt, par les Etats qui en ont le pouvoir, pour :

- condamner avec la plus grande fermeté toute tentative de relance des hostilités, la crise actuelle n'ayant d'issue possible que politique, en particulier sur les questions de citoyenneté, de démocratie et de justice ;

- décréter un embargo sur les livraisons d'armes, interdire l'emploi de mercenaires, condamner le recrutement d'enfants-soldats, lancer une enquête sur le financement et l'armement des rébellions ;

- exiger la fermeture immédiate des médias de la haine ;

- menacer de déférer les propagandistes de l'ethnisme, les recruteurs de milices, les commanditaires d'escadrons de la mort et les autorités qui les tolèrent devant la Cour pénale internationale.

La France, par l'étroitesse de ses relations avec la Côte d'Ivoire, a une responsabilité toute particulière. Elle dispose de nombreux moyens, y compris la saisine du Conseil de sécurité, pour enrayer l'engrenage mortifère. C'est une question de volonté et de priorité politiques. Se trouvant de fait au cœur du processus d'interposition, elle ne peut le déserter tant que n'est pas mis en place un dispositif suffisant pour empêcher un drame qui peut encore être évité. Elle ne peut rééditer le départ précipité des troupes de son opération Amaryllis, en avril 1994 au Rwanda - contribuant alors à abandonner toute une population au déferlement génocidaire.

Les organisations et personnalités soussignées s'engagent et invitent à soutenir toutes les expressions d'un langage de paix, de citoyenneté et de dialogue en Côte d'Ivoire. Elles encouragent les Ivoiriens à propager un message de résistance à la logique du clivage ethnique et religieux, à l'enrôlement des civils dans une guerre fratricide (certains le font déjà, avec beaucoup de courage, sans recevoir un écho suffisant). Elles invitent à la diffusion d'un slogan du genre : " La haine ne passera pas par moi ". Chaque Ivoirien, personnellement et dans ses multiples formes de relations sociales, peut contribuer à désamorcer cette arme, à l'exemple des responsables des différentes communautés de Bouaké qui ont brisé le cycle de représailles en instaurant des groupes de vigilance conjointe.

Premiers signataires :
Organisations : Afrique Verte, Agir ici, Aircrige, Antenne Foi et Justice Afrique-Europe de Paris, ATTAC, CADTM-France, CCFD, Cedetim, Cimade, Centre de Recherche et d'Information pour le Développement (CRID), Coordination Sud, Fédération Artisans du Monde, FIDH, Frères des Hommes, Ligue des Droits de l'Homme, MRAP, Oxfam-Solidarité (Belgique), Prévention Génocides, Ritimo, Scouts de France, Survie, Terre des Hommes France.

Personnalités : Meredyth Ailloud (Initiatives de développement stratégique), Frédéric Ampe (chercheur), Jean-Yves Barrère (membre du Cedetim), Pierre Bigras (OBSAC), Odile Biyidi, Jean-Marc Ben (maire-adjoint de Calais), Alain Brossat (Université de Paris VIII), Pierre Cantrelle (directeur de recherche H-IRD), Emmanuel Charles (président de Ritimo), Blandine Cheyroux (INA Paris-Grignon), Hubert Cochet (INA Paris-Grignon), Catherine Coquio (Paris I-Sorbonne), Sharon Courtoux (déléguée du président de Survie), Jean-Pierre Chrétien (Université de Paris I), Jean-Pierre Deschamps (professeur Université H Poincaré, Nancy I), Jacqueline Dérens, Adama Diomande (Association pour la défense de la démocratie et de la liberté), Dr Henri Dubois (médecin inspecteur de Santé Publique), Bernard Dréano (président du Cedetim), Eugène Ebodé (écrivain), Serge Fabre (professeur Honoraire des Universités), Boris Gobille (Paris I), Jean-Paul Hébert (EHESS), Philippe Hugon (Paris X-Nanterre), Marcel Kabanda, Christiane Kayser (Pole Institut), Jean Kergrist (comédien), Anne Larue (Paris XIII), François Lille (président de BPEM), François Régis Mahieu (Professeur de sciences économiques), Gustave Massiah (président du CRID), Georges Molinié (président de Paris IV-Sorbonne), Véronique Nahoum-Grappe (chercheur en sciences sociales), Didier Ouedraogo (président du MBDHP-SF), Denys Piningre (cinéaste), Henri Rouillé d'Orfeuil (président de Coordination Sud), Françoise Ruellan, Jean-Loup Schaal (président de l'ARDHD), Benoît Scheuer (Prévention Génocides), Gérard Sireau (président d'Antenne Foi et Justice Afrique-Europe de Paris), Ardiouma Sirima (président du Cofanzo), Marie-Thérèse Taupin (Rennes II), Daniel Tollet (secrétaire général du Centre d'Etudes Juives de Paris IV), Sayouba Traoré (journaliste), Françoise Vanni (directrice d'Agir ici), François-Xavier Verschave (président de Survie), Claude Veuille (journaliste), Anne-Marie Vignès (conseiller technique, Niamey Niger), Jacques Vigoureux (scénariste-réalisateur), Annie Vinokur (Paris X-Nanterre), Pierre Vuarin (co-fondateur du réseau APM mondial Terre citoyenne), Andras Zampléni (directeur de recherche au CNRS)…

Et un afflux de signatures d'associations : Association pour la Défense de la Démocratie et de la Liberté (ADDL), Association pour le respect des droits de l'Homme à Djibouti (ARDHD), Biens Publics à l' échelle mondiale (BPEM), Centre Rennais d'Information pour le Développement et la Solidarité entre les Peuples (CRIDEV), Chimères (revue), COFANZO (Collectif de France Affaire Norbert Zongo), Collectif des Ivoiriens de France pour la Démocratie (CIFD), MAN (Mouvement pour une alternative non-violente), BDHP-SF (Mouvement Burkinabé des Droits de l'Homme et des Peuples-Section France), Pain et Liberté, Peuples Solidaires (groupe de Quimper), Réseau Assemblée Européenne de Citoyens de Saint-Étienne, Sherpa, SOS-esclaves Mauritanie, Tourisme et Développement Solidaires…
et de personnes, que nous continuons à recueillir…

 

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