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Les derniers communiqués Soudan - Darfour : Darfour
: Pendant le nettoyage ethnique, la « communauté Un
génocide en attente d'homologation ? Dix ans après le génocide des Tutsi rwandais (que la Communauté Internationale a omis d'empêcher)(1) , les populations noires (musulmanes mais non "arabes") du Darfour(2) attendent toujours que ladite Communauté s'applique sérieusement à mettre fin à leurs inimaginables souffrances. Massacres, viols, destruction des villages, du cheptel, des cultures, empoisonnement des puits commis par l'armée soudanaise et ses milices Janjaweed sont depuis belle lurette de notoriété publique sous toutes les latitudes. Le 30 juillet, Le Conseil de Sécurité des Nations Unies a demandé au Soudan de prendre des mesures pour "améliorer" la situation, en lui signifiant qu'il devait avoir désarmé les milices Janjaweed au 30 août, dernier délai. Hélas, un nouveau "plan d'action", agréé par l'ONU, propose la création de zones de sécurité pour les populations en danger. Et celles qui se trouvent hors ces périmètres, notamment dans les zones rurales ? Le Darfour est un immense territoire. Pendant ce temps, les milices poursuivent leurs exactions. Au lieu dêtre désarmées, elles sont incorporées dans des unités de la police soudanaise ou des forces "semi régulières", telles les Forces populaires de défense, au sein desquelles elles seront chargées de la protection des zones dites de sécurité. « Le comble de l'absurdité. » (3) Le conflit entre forces gouvernementales et rebelles du Darfour (4) se poursuit : des bombardements commandés par le gouvernement soudanais et des attaques de Janjaweed auraient actuellement lieu dans le Sud de la province meurtrie. Le 15 août, l'envoyé spécial du secrétaire général de l'ONU pour le Soudan, Jan Pronk, a « exprimé son inquiétude devant le manque de progrès en matière de sécurité sur le terrain et le fait que les milices arabes Janjaweeds sont toujours actives autour des camps des personnes déplacées ». Le ministre français des Affaires étrangères, Michel Barnier, a déclaré(5) , le 12 août dernier, que « La crise du Darfour peut conduire à une grave catastrophe humanitaire. » De grâce, Monsieur le ministre, cessons de parler d'humanitaire quand il s'agit de crimes contre l'humanité. Monsieur Barnier poursuit en déclarant que « L'urgence est d'abord humanitaire [ ] (qui ne) va pas sans un accompagnement sécuritaire.[ ] Mais l'urgence est aussi, et surtout, politique. [ ] Ce processus politique sera nécessairement long et difficile. [ ] Nous avons choisi une action réaliste et progressive ». Aucun observateur sérieux ne croit une seconde aux intentions de Khartoum de se conformer aux exigences "réalistes et progressives" d'un discours qui passe à côté de l'urgence vraie, la priorité réelle : un pan entier de l'humanité disparaît sous nos yeux, sans que la volonté politique de ce monde engage l'action qui s'impose. Quelles que soient les responsabilités diverses en jeu dans la poursuite de la "crise" (celle des rebelles ne peut pas être ignorée, mais ce n'est pas là la priorité !), celle du pouvoir soudanais est manifeste. Quelle que soit « la réalité du terrain »(6) répétonsle, l'extermination de tout un peuple notre responsabilité est d'en dépasser l'examen et d'honorer notre devoir de sauver les vivants. Un génocide est-il en cours ? C'est possible. Quoi qu'il en soit, ce qui est en cours y ressemble fort. Que faire ? Cessons tout d'abord, à l'échelle du monde, dacheter du pétrole au Soudan Monsieur Barnier, et soyez à l'avantposte de cette solution, un peu brusque certes, mais la seule réellement réaliste. 1 Un million de morts. 2 De 30 000 à 50 000 morts, 200 000 réfugiés au Tchad voisin, 1,2 million de déplacés à l'intérieur de Soudan. 3 Peter Takirambudde, Directeur exécutif de l'association américaine Human Rights Watch (à lire : Empty Promises ? Continuing abuses in Darfur, Sudan, HRW, 11/08/04). 4 Sudan Movement for Justice and Equality (JEM), Sudanese Liberation Army (SLA). 5 Article de Michel Barnier "Darfour : le médicen, le soldat et le diplomate", in Le Figaro, 12/08. 6 Dont il faut tenir compte selon Michel Barnier. Mettre le génocide entre parenthèses Lors du procès en diffamation de Charles Pasqua contre François-
Xavier Verschave, président de Survie et auteur de La Françafrique
(Le 29 mars 1999), le premier a produit comme témoin l'ancien
patron de la DST Philippe Parant. Le passage incriminé était
: Le témoin Philippe Parant a nié tout échange... mais admis que le régime soudanais avait beaucoup à gagner en crédit international. L'affaire se résume, pour lui, à une opération secrète parfaitement réussie. Un succès technique de son service. Dans ces cas-là, « on met le génocide entre parenthèses » Rappelons que treize passages du livre de Verschave, La Françafrique,
le plus long scandale de la République (Stock, 1998), dénoncent
ses activités africaines de Charles Pasqua, mais que celui- ci
n'en avait attaqué qu'un seul, composé de trois phrases
- craignant sans doute d'avoir à subir la démonstration
des autres. Le dossier
Soudan d'Amnesty International : * * * * * * * une association : Vigilance Soudan |
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