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Congo-brazzaville
 

 

Historique
La République du Congo est une ancienne colonie française, d’environ 3 millions d’habitants, située à l'ouest de la RDC ex Zaïre (qui dépendait de la Belgique.)
Le pays possède de très grandes ressources pétrolières, exploitées principalement par la compagnie Elf, maintenant Total.

Dans les années 80, déjà dirigé par le président actuel, le pays s'affichait "marxiste" « toujours sous contrôle d’Elf », selon la formule de l'ancien PDG de cette entreprise Loïc Le Floch-Prigent.
Sous un régime de parti unique et pour le moins policier, la production pétrolière (officielle) double entre 1979 et 1991, tandis que la dette du pays grossit, passant par exemple de 2.5 milliards de dollars en 1986 à près de 6 milliards de dollars en 1991.

En 1991, dans un mouvement de démocratisation qui a concerné d'autres pays également, la Conférence nationale souveraine (CNS), des sortes d’« États généraux » de la démocratie, s'impose au régime. La CNS fait l'inventaire des crimes du régime (plus de 3000 assassinats), suscite naturellement beaucoup d'espoirs et notamment réclame un audit de l’argent du pétrole.
Comme l'a confirmé le responsable de l’audit chez Elf Pierre Fa lors du procès Elf (mars 2003), cette société a alors corrompu les personnalités impliquées dans l’audit, confié au cabinet ARTHUR ANDERSEN. D'autre part lors de perquisitions dans les bureaux d'Elf à Paris, les juges Eva Joly et Laurence Vichnievsky ont trouvé des notes prouvant la préparation d'un coup d'État, sur laquelle travaillait entre autres Jean-Charles Marchiani (2ème de la liste de Charles Pasqua aux dernières élections européennes).

Le coup tourne court, Sassou est battu aux élections puis évincé par le nouveau président qui lui avait promis un partage du pouvoir. Ce dernier : Pascal Lissouba, en vieil ami/ennemi de Sassou, augmente certaines redevances exigées des compagnies pétrolières, mais prolonge le système d'escroquerie au détriment du pays, tout en offrant des concessions à certaines compagnies américaines (ce que les rares articles sur le pays en France avancent comme preuve de sa malignité.) D'autre part, sentant sa vulnérabilité, il développe les achats d'armes.

En 1997, à la veille de la 2ème élection présidentielle, une guerre civile commence, qui oppose l'armée et la milice du président en place, celle de l'ancien président Sassou Nguesso et celle d'un ancien Premier ministre, Bernard Koléas, dont le mouvement est ancré dans le sud du pays, habituellement défavorisé par le régime.

L'offensive de Sassou est clairement téléguidée et soutenue depuis la France. Christine Devier-Joncour déclare avoir surpris Sirven donner des ordres au téléphone, comme un chef de guerre. Elle en parle à Roland Dumas qui lui dit "ne t'en occupe pas". Un jeu d'alliances et d'échanges occultes permet de faire intervenir aux cotés de Sassou, outre des mercenaires européens, des soldats des armés tchadiennes et angolaises, et même des anciens de l'armée et des milices génocidaires rwandaise en exil, dans une guerre barbare où les soldats se paient sur le terrain.

Jacques Chirac évoque quelques mois plus tard la victoire de Sassou en ces termes : « Je me réjouis de l'intervention de l'Angola au Congo-Brazzaville pour la raison simple que ce pays était en train de s'effondrer dans la guerre civile, de s'auto-détruire, et qu'il était souhaitable que l'ordre revienne. Il y avait quelqu'un qui était capable de le faire revenir, c'était Denis Sassou Nguesso. Il lui fallait un soutien extérieur pour un certain nombre de raisons, l'Angola le lui a apporté. La paix est revenue, les conditions de développement reprennent.
Cette ville de Brazza, qui était devenue martyre commence à se relever et Denis Sassou Nguesso s'est engagé à mettre en oeuvre le processus de démocratisation dans un délai maximum de deux ans. »
(Extrait du Discours prononcé par Jacques Chirac, le 30 juin 1998, à Luanda, Angola )

A la fin de cette même année recommence une campagne de massacres et de violence d'une ampleur nouvelle, visant les populations originaires du sud, dans la capitale puis dans tout le sud du pays : pillage, viols systématiques des femmes et assassinats systématiques des hommes, sous prétexte de leur appartenance potentielle à une milice sudiste rebelle, dont l'importance réelle est sujette à caution.
En 1999 jusqu'à 500 000 civils se cachent et meurent de faim dans les forêts. Durant ces douze ou treize mois, il y a eu plus de massacres de civils, de crimes contre l'humanité, de viols systématiques qu'au Kosovo, au Timor oriental et en Tchétchénie réunis ; ceci dans un verrouillage médiatique presque parfait.

Un de ces crimes ressort actuellement : en avril 1999 des réfugiés décident de regagner le pays à la suite de l'accalmie des combats, des mauvaises conditions d'existence dans leur lieu de refuge et surtout à la suite de la signature d’un accord tripartite entre le HCR et les gouvernements de la république du Congo et de la République Démocratique du Congo pour le rapatriement des réfugiés vers Brazzaville. Le Gouvernement congolais présentait alors avec force publicité des gages et assurances de sécurité pour les candidats au retour. A leur arrivée à Brazzaville, des agents publics les ont arrêtés pour interrogatoire et que plus de cinquante personnes ont disparues le 5 mai et plus de deux cents le 14 mai 1999 ; 353 en tout formellement recensés. Une instruction pour crimes contre l’humanité visant des sommités du régime congolais est menée en France à propos de ces « disparus du Beach ».
Voyez la page de FIFH et le dossier sur les disparus du Beach (pdf)

Les grandes affaires, que la guerre n'a pas interrompu (les installations pétrolières n'ont subit aucun dommage), continuent actuellement à se faire sur le même mode. En dehors du pétrole, ce sont les forêts qui sont bradées avec 2 millions d'hectares concédés en 1999, ce qui étant donné l'exploitation qui en est faite, joint une perte, une catastrophe écologique immense au pillage économique et à la guerre.


Pour en savoir plus, voyez les deux livres ci-dessous (qui peuvent être commandés en ligne)

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L’Envers de la dette
Criminalité politique et économique au Congo-Brazza et en Angola
Parution : 18/01/2002
228 pages
12,35 Euros

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Noir silence
Qui arrêtera la Françafrique ?

http://www.arenes.fr/livres/fiche-livre.php?numero_livre=11
Date de publication : avril 2000
600 pages
Peut être commandé ici

 

 

 

 

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