En Afrique, la démocratie est en marche, ne l'entravons
pas!
La dictature, fatalité africaine ?
La carte politique actuelle et le traitement médiatique dont
"bénéficie" le continent pourraient le faire croire.
Mais si l'afropessimisme se conjugue souvent à une forme de fatalisme
méprisant, l'espoir porté par les sociétés
civiles africaines est bien réel. Depuis une quinzaine d'années,
la démocratie est véritablement en marche en Afrique.
Dans certains pays en effet l'État colonial ou néocolonial
a pu évoluer vers une forme " moderne ", avec un certain
degré d'institutionnalisation de l'État de droit. C'est
le cas au Mali, au Niger ou au Sénégal pour l'Afrique francophone
mais aussi celui de l'Afrique du Sud post-apartheid ou du Ghana, en Afrique
anglophone, parfois à l'issue de ruptures brutales avec le modèle
post-colonial.
Dans beaucoup de pays, les populations civiles ont prouvé par leur
mobilisation qu'elles aspiraient à des élections libres
et in-contestables, pouvant déboucher sur de véritables
alternances démocratiques. L'espoir suscité par les conférences
nationales souveraines des années 90 n'a pas disparu. Parmi les
syndicalistes, journalistes indépendants, associations citoyennes,
ONG, artistes africains, on trouve un nombre important d'authentiques
démocrates prêts à lutter pour leurs idéaux,
parfois au péril de leur vie.
La dictature n'est donc pas une fatalité africaine mais bien le
fruit d'un processus historique qui a pu être rompu grâce
à la mobilisation d'un certain nombre d'acteurs. La pression des
sociétés civiles des pays du Nord sur leurs gouvernements
pour les convaincre de soutenir les peuples plutôt que leurs
dictateurs est un de ces facteurs.
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Le discours pro-démocratie de la France, un leurre
?
La Baule, summum de l'hypocrisie mitterrandienne :
Alors qu'un vent de libéralisation politique souffle sur le continent
africain, le Président François Mitterrand pro-nonce en
1990 le célèbre discours de La Baule dans lequel il encourage
ses amis dictateurs à produire un effort démocratique sous
peine de voir se réduire l'aide de la France. Menaces en l'air,
les gouvernements français successifs continueront de soutenir
allégrement les pires dictatures.
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Chirac, champion de l'impunité ?
Lors du sommet France-Afrique de février 2003 à Paris,
Jacques Chirac a brandi la menace de la fin de l'impunité pour
les dictateurs, invoquant la mise en place de la Cour Pénale Internationale.
Quel crédit accorder cependant aux déclarations de cet ami
personnel de bon nombre de ces despotes, qu'il continue à accueillir
chaleureusement à l'Elysée et à féliciter
à chaque élection truquée ?
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